Ilyes KAMECHE - la transmission et le droit public comme engagements
Votre formation est entièrement assasienne : licence à Melun, masters à Paris, DU Prépa Talents. C'est une trajectoire construite dans les deux campus d'une même université. Qu'est-ce qu'Assas vous a apporté de déterminant, et que diriez-vous à un étudiant qui commence aujourd'hui à Melun et qui cherche encore sa voie ?
✔ "Assas m’a apporté une qualité déterminante dans ma vie et dans mon travail : la curiosité intellectuelle."
En effet, cette curiosité m’a permis de m’intéresser à diverses branches du droit et à la façon de laquelle le droit structure la société. Cette curiosité m’a également poussé à être plus rigoureux dans ce que j’entreprenais au quotidien, et je me rends compte aujourd’hui, sur le plan professionnel, que cette rigueur est utile dans mes recherches et mon expertise juridique.
Les étudiants qui débutent leur cursus à Melun et qui se sentent peut-être un peu perdus ne doivent pas s’en faire. Ils sont bien entourés, et bien orientés tout au long de la scolarité à l’université. Trouver sa voie n’est pas chose aisée, mais les rencontres avec les professeurs, les professionnels du droit, et les anciens étudiants permettent de découvrir au fur et à mesure de nouveaux métiers, ou de nouvelles facettes du droit, auxquelles on n’avait pas encore pensé, ou qu’on ne connaissait pas. Je conseillerais aux étudiants de profiter de leurs étés pour faire des stages, afin de découvrir le monde professionnel, et de se forger leurs propres avis sur les professions juridiques.
Depuis 2025, vous intervenez comme chargé de TD à Assas, sur le campus de Melun où vous avez vous-même étudié. Qu'est-ce que se retrouver de l'autre côté change dans votre regard sur ce que vous avez reçu et qu'avez-vous envie de transmettre en priorité ?
C’est un plaisir incommensurable d’enseigner au campus de Melun. J’y suis très attaché, et j’ai appris auprès des meilleurs professeurs et chargés de travaux dirigés possibles. C’est justement ce que j’essaye de faire aujourd’hui : enseigner de la même manière qu’eux le droit, et surtout, intéresser les étudiants à des matières comme le droit constitutionnel et le droit administratif, souvent décrites comme trop difficiles ou trop abstraites.
✔ "J’ai envie de montrer que ces matières sont au cœur de notre société, et du rapport entre les citoyens et les pouvoirs publics."
Tout votre parcours professionnel s'est construit dans le secteur public, sans détour par le secteur privé. D’où vous vient cette appétence pour le droit public ? Comment présenteriez-vous votre poste de conseiller juridique et contentieux à la Ville de Paris à un jeune alumni ?
J’ai toujours apprécié la politique, et le fonctionnement des pouvoirs publics depuis que je suis jeune. Le droit public est au frontispice de ces pouvoirs publics. Etudier le droit public était alors une évidence lorsque je suis arrivé à l’université, et je ne regrette absolument pas mon choix. Les enjeux y sont transversaux, et enrichissants au sein de la fonction publique.
Je suis conseiller juridique et contentieux de la Direction des ressources humaines de la Ville de Paris : autrement dit, j’assure la défense de la Ville de Paris devant les juridictions administratives en référé (Tribunal administratif notamment), et je conseille juridiquement les directions de la Ville de Paris en matière de droit de la fonction publique (temps de travail, rémunérations, encadrement juridique des fonctionnaires…). Il m’arrive également de rédiger certains textes statutaires de la Ville de Paris, lesquels font l’objet d’un vote en conseil de Paris.
Après deux masters, vous avez suivi le diplôme Prépa Talents du Service Public d'Assas pour préparer les concours de catégorie A+. C'est un chemin très spécifique, moins connu que les grandes écoles classiques. Pourquoi ce choix et qu'est-ce que cette préparation a changé dans votre rapport aux concours de la haute fonction publique ?
Afin d’intégrer la fonction publique, il m’a paru évident de préparer les concours par le biais d’une formation exigeante et permettant l’accompagnement au plus près des étudiants. Le DU Prépa Talent du Service Public répond clairement à ces critères. Il m’a permis de faire la rencontre de hauts fonctionnaires de divers horizons (Cour des comptes, Parlement, Ministères sociaux et économiques), et surtout, de comprendre une autre approche, moins « scolaire », attendue dans les épreuves de concours.
Mon rapport aux concours de la fonction publique a évidemment évolué grâce à cette préparation, pour la simple et bonne raison que j’ai pu découvrir une multitude de concours que je ne connaissais pas, et que j’ai fini par tenter (par exemple, j’ai été admissible au concours de directeur d’hôpital, alors que je n’avais pas la moindre idée des épreuves et des exigences qui en découlent).
Président de Lysias Assas Melun, finaliste au niveau national, la plaidoirie traverse tout votre parcours depuis la licence. Comment vous êtes-vous intéressé à l’art oratoire ? Et que vous a-t-il appris que les cours de droit, aussi rigoureux soient-ils, ne vous auraient pas enseigné ?
L’association Lysias Assas Melun avait promu le concours de plaidoirie dans le hall de l’université en première année. Un ami y avait participé, et cela m’a donné envie de concourir également, moi qui aime beaucoup parler et qui suis très intéressé par la culture et la scène, étant musicien depuis mon adolescence.
Les concours de plaidoirie et d’éloquence sont très instructifs pour les études de droit : ils traduisent concrètement le travail de recherche juridique et le fonctionnement de la justice.
✔ "On retrouve, dans les discours d’éloquence et de plaidoirie, les mêmes exigences que pour une dissertation ou un cas pratique : la rigueur, l’argumentation, et surtout, l’application du droit. "
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